jeudi 17 novembre 2016

De la carretera austral (2nde partie) à la Ruta 40



Chers amis lecteurs,
Depuis quelques jours, nous n'avons pu vous donner de nouvelles car la WIFI est très faible dans les régions traversées.
Reprenons donc où nous en étions.

Nous quittons Cerro Castillo sous le soleil et continuons notre remontée de la Carretera Austral.

Nous roulons dans le parc national Queulat, au travers de la forêt vierge humide.
Au Chili, quand nous traversons des parcs, il nous est toujours demandé de faire attention aux huemules, qui sont des cerfs andins protégés, mais qui pour nous s'apparentent plus aux dahus... nous n'en croiserons aucun.



Le guide du routard - après nous avoir prévenus qu'en ce coin de Patagonie il tombe entre 3,5 et 4 mètres de pluie par an - nous vante les mérites de Puerto Cysnes, charmant petit village de pêcheurs dont l'atmosphère paisible mérite le détour. Nous bifurquons donc mais le temps se gâte... le temps se gâte vraiment. Les éléments se déchainent. Il pleut, il vente, il fait froid et nous ne trouvons cette atmosphère paisible qu'auprès du poêle de l'auberge "Bella Vista" tenue par trois femmes qui sont sans doute trois soeurs.




Nous voilà prévenus..
Malgré la persistance de ce temps déplorable le lendemain, nous continuons. Nous sommes plusieurs fois arrêtés car la piste est en travaux, elle devient progressivement une route goudronnée, c'est un immense chantier.

Nous traversons le parc Pumalin, créé il y a 25 ans par un milliardaire américain par souci écologique; ce parc forme la plus grande réserve naturelle privée du monde ouverte au public, il est superbement entretenu et les quelques hameaux qui s'y trouvent sont très chics ( ce qui change un peu, il faut bien l'avouer !) . Malheureusement la tempête nous empêche de randonner alentours.



Nous atteignons la petite ville de Chaiten située au pied du volcan du même nom. Il reste ici bien des traces de l'éruption du volcan le 2 mai 2008, et de la projection d'un panache de cendres à près d'une trentaine de kilomètres d'altitude qui a recouvert entièrement le parc Pumalin et les villes voisines.
Nous voilà prévenus...
Nous arrivons à Caleta Gonzalo au bord d'un fjord qu'il faut traverser; nous devons donc embarquer sur un ferry. Hélas, hélas, trois fois hélas, en raison du mauvais temps, aucun ferry ne prendra la mer dans les jours à venir. Il nous faut donc renoncer. Nous n'irons pas jusqu'à Puerto Montt et nous ne visiterons pas l'île Chiloé. Nous sommes bien déçus. Nous n'abandonnons pas la route australe, c'est la route australe qui nous abandonne... nous décidons de passer la Cordillères des Andes pour rejoindre l'Argentine plus tôt que prévu.

Une fois les formalités de douane effectuées, juste après le joli village de Furaleufu célèbre auprès des amateurs de rafting et de kayak pour ses rivières sauvages et son cadre de toute beauté, comme par miracle, le soleil brille de mille feux. Nous nous sentons revivre !

"Printemps, Printemps, et mon coeur et ton coeur sont repeints au vin blanc..."



Nous prenons la mythique route 40 (comme l'est la route 66 aux Etats Unis), de plus en plus goudonnée (mais il reste de belles portions en piste à la grande joie de Jean-Marc), jusqu'à El Bolson, petite ville située entre deux massifs montagneux. Nous passons deux nuits dans l'agréable camping "Las Chacras", et profitons d'une journée de repos pour nous occuper du linge et vérifier les niveaux sous bonne garde...



Nous rejoignons ensuite San Carlos de Bariloche, ville touristique qui ne nous a pas enthousiasmés, mais qui marque le départ de la magnifique Route des Sept Lacs (portion de la R 40). Et c'est une succession de splendides panoramas jusqu'à la jolie commune de San Martin de Los Andes.






Nous quittons alors la Patagonie et traversons des déserts de pierre bordés par d'immenses volcans et les hauts sommets de la Cordillères des Andes enneigés. Nous bivouaquons en retrait et assistons parfois à de spectaculaires couchers de soleil.




A San Rafael, nous consacrons une journée à l'entretien de la voiture. La ville est moderne et la place centrale bien agréable. Nous y passons un bon moment. Comme quasiment toutes les places principales des villes, des villages et des hameaux, elle porte le nom du Général José de San Martin, qui a oeuvré pour l'indépendance de l'Argentine en 1816.


Nous aimons pique-niquer sur les places, les passants nous saluent toujours ("Hola, que tal" ou "Buenas") et certains engagent la conversation et nous vantent les mérites de leur village et de leur pays. Au restaurant je suis "la chica" ou "la senorita", au bureau de change je suis même "mi amor" !

Nous prenons la direction de Medoza et longeons les propriétés viticoles les plus réputées d'Argentine. Les châteaux ici datent du XX et du XXIèmes siècles...
Nous suivons une piste au pied de la Cordillère des Andes, entrons dans un parc aride et visitons avec Le Professeur Tournesol un observatoire astrologique, c'est en effet dans cette région du monde (avec le Chili voisin) que le ciel est le plus pur et le plus adapté à l'observation des étoiles.



Le lendemain, un sympathique guide nous promène à travers le fabuleux parc Ischigualasto, dit "Valle de la Luna", qui offre une plongée dans un paysage irréel de formations rocheuses, et de fossiles de dinosaures.





Nous campons dans le parc aux cotés de Carlos et Alejandro, deux baroudeurs argentins qui parcourent la route 40 de A à Z (c'est-à-dire de la frontière avec la Bolivie jusqu'à la Terre de Feu) avec une 504 pick-up hors d'âge à laquelle est attelée une remorque qui constitue leur salle à manger. Ils boivent le maté devant le lever de soleil et s'émerveillent, "Espectacular!"


Nous partons jusqu'à la Laguna Brava, à 3.200 mètres d'altitude en bordure du Chili où nous bivouaquons aux côtés des vigognes et des flamants roses. La piste qui y mène est sans doute la plus belle que nous ayons parcourue depuis le début du voyage. Nous atteignons par moments 4.300 mètres d'Altitude. Regardez ces couleurs tantôt vives tantôt pastel, regardez ces formes tantôt saillantes tantôt arrondies, regardez ces cieux tantôt limpides tantôt nuageux...








Nous sommes maintenant en direction de La Quiaca, la ville la plus au nord de l'Argentine qui marque la fin de la route 40...

L'amour est aveugle mais le mariage lui rend la vue


                                                       


1 commentaire:

  1. Magnifiques photos ça donne envie merci
    Amicalement
    Claudette

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